Traumatismes oculaires


A l’occasion d’un choc, en pratiquant du sport ou même à la maison, les traumatismes oculaires sont fréquents. Leur gravité est extrêmement variable. Elle dépend de leur mécanisme et de l’énergie mise jeu au moment de l’impact. Si la plupart son bénins, ils constituent malgré tout une source légitime d’inquiétude. Les plus brutaux, relèvent pour leur part d’une authentique prise en charge en urgence. Mécanismes, conséquences, voici ce qu’il faut en connaître. Veuillez noter qu‘un article, accessible ici, est spécifiquement consacré aux projections, brulures et corps étrangers oculaires.

Généralités et mécanismes

Les traumatismes oculaires sont des pathologies très fréquentes dont la gravité est extrêmement variable et dépendra de la zone touchée, du mécanisme en jeu et de l’intensité du choc. Si la prévention, professionnelle et domestique, permet une réduction des risques, certaines activités demeurent « accidentogènes ». Les mécanismes principaux sont deux types : contusion par un objet contondant ou bien par plaie, dans cas généralement provoquée par un objet tranchant.

1/ Traumatismes par contusion oculaire 

Les contusions sont des blessures produites par un choc, sans effraction tissulaire. Le globe oculaire reste fermé et les structures de l’œil sont atteintes par l’onde de choc.

Les objets contondants :
Les contusions sont produites par des objets contondants, qui blessent sans trancher. La blessure est liée à la déformation rapide du globe oculaire écrasé sous la pression de l’impact. Plus l’objet contondant impliqué est petit, plus l’énergie avec laquelle le coup porté est élevée, plus le danger est important pour les yeux. Parmi les objets les plus fréquemment impliquées on peut citer les balles (balle de tennis, ballon de football, volant de badmington), les parties du corps (coups de coude, coups de poing, coup de tête…), les bouchons de lièges et toute une variété d’objets susceptibles de frapper l’orbite.

Les symptômes
Selon l’intensité du choc, l’accidenté peut présenter un douleur ou non, une baisse de vision ou non, une rougeur (hémorragie sous conjonctivale) ou non, et de nombreuses lésions dont la plus redoutée (en boxe notamment) est le décollement de la rétine. Quelques fois, l’apparition des symptômes n’est pas immédiat. Pour le décollement de la rétine par exemple, qui se manifeste par un voile et un baisse de vision, ainsi que pour les inflammations post traumatiques qui se manifestent par une rougeur de l’oeil, une gêne à la lumière (photophobie) et une douleur, les symptômes apparaissent après quelques jours. C’est pourquoi, la consultation au cours de laquelle un fond d’oeil sera réalisé, est indispensable.

2/ Les plaies oculaires

Les plaies oculaires sont de deux types. Perforantes et non perforantes.

Plaies non perforantes
Elles peuvent être liées à un corps étranger (article spécifique disponible ici) ou au frottement d’un objet tranchant qui n’aurait pas lacéré suffisamment profondément pour perforer entièrement le globe. Dans les deux cas un examen est nécéssaire. En cas de corps étranger, il permettra d’en pratiquer le retrait. Dans le cas d’une plaie non perforante (parfois très peu symptomatique), il permettra d’en évaluer la gravité et l’administration d’un traitement adéquat.

Plaies perforantes
Les plaies oculaires perforantes sont les plus graves. Exceptionnellement, elles peuvent être liées à un mécanisme contusif extrêmement violent, mais le plus souvent elles sont liées à un objet tranchant (clou, lame, projectile aiguisé…). La douleur n’est pas systématique. La suture doit être prise en charge dans les meilleurs délais, en urgence. Une hospitalisation est presque toujours nécessaire pour administrer des antibiotiques par voie intraveineuse. Leur pronostic est le plus souvent très sombre.

Situations à risque

1/ Accidents sportifs et pratique de la boxe

Les traumatismes oculaires sont fréquents chez les sportifs (fiche entièrement consacrée à ce sujet disponible ici), en particulier chez les enfants et les jeunes adultes. Certains sports sont plus risqués que d’autres, par toujours des sports violents. Les sports de combat (boxe, arts martiaux), pour des raisons évidentes, sont en première ligne. Certains de ses acteurs en sont d’ailleurs tristement célèbres pour leurs yeux, comme le boxeur Sugar Ray Léonard qui interrompit sa carrière transitoirement pour un décollement de rétine. Le football, en particulier dans son mode de pratique à 5 (urban foot), est également un grand pourvoyeur de traumatismes oculaires sévères en raison de la proximité des joueurs en cas de frappe et du manque de temps pour se protéger. Les sports de balle en tout genre peuvent également provoquer des lésions, le rugby et toute situation ayant impliqué un traumatisme oculaire. Les complications graves les plus fréquentes sont les suivantes : décollement de la rétine, du vitré ou des cataractes traumatiques. Une inflammation ou des hypertonies post traumatiques, complications bénignes, s’observent également fréquemment (oeil rouge et douloureux). Un examen du fond d’oeil est indispensable et doit être systématique après n’importe lequel de ces incidents car le meilleur traitement du décollement de la rétine est préventif !

2/ Accidents divers (avp, domestiques…) :

Les accidents de la voie publique (débris de pare-brise notamment), domestiques (couteux, ciseaux), le bricolage ou les agressions peuvent entrainer des plaies directes du globe oculaire. Les enfants en bas âge sont particulièrement à risque d’accidents domestiques. Les projections de liquides accidentels sont également fréquents (sujet traité dans un article consultable ici).

3/ Le fameux bouchon de champagne (ou de cidre) :

La projection d’un bouchon lors de l’ouverture d’une bouteille n’est pas un mythe. La proximité, la puissance et la taille du liège en font un ennemi des yeux. Les conséquences ne sont pas toujours sévères, mais d’authentiques décollement de rétine et traumatismes sévères sont régulièrement observés le 31 décembre…

4/ Les projectiles

Les jeux de guerre et les armes factices comme le paintball et les pistolets à billes, mais aussi le flashball, tout comme les projectiles des armes réelles ou factices peuvent avoir des conséquences très graves et endommager les yeux des adultes et des enfants.

Les projectiles oculaires, une urgence ophtalmologique

Les complications, prise en charge et traitement

1/ Les traumatismes par contusion
Les traumatismes par contusion sont les plus fréquents. Quelle qu’en soit la cause, les conséquences possibles sont les suivantes :

2/ Les plaies non transfixiantes
Pour ce qui qui concerne les plaies de globe non transfixiantes, un traitement en cicatrisation dirigée (spontanée) sera prescrit pour permettre la cicatrisation et éviter toute infection. Le pronostic sera fonction de la zone touchée. Une petite plaie conjonctivale ne sera d’aucune conséquence, alors qu’une plaie de cornée, même non transfixiante, laissera parfois une cicatrice importante (taie cornéenne) pouvant aboutir à une baisse d’acuité visuelle importante.

3/ Les plaies transfixiantes
Les plaies transifixiantes, sauf exception (plaies auto étanches notamment), requièrent toujours une chirurgie en urgence. Leur pronostic, sauf cas rares, est souvent très sombre, l’enjeu étant parfois la préservation de l’esthétique plutôt que de la fonction visuelle.

Conduite à tenir et prévention

1/ Conduite à tenir dans le cadre de l’urgence
Dans l’urgence, la seule chose à faire est de protéger l’oeil traumatisé à l’aide d’une compresse ou d’un tissu propre, d’éviter de le toucher et de consulter sans délai une structure d’urgences ophtalmologiques. Si cela est possible faites vous accompagner.

2/ Conduite à tenir après un traumatisme si aucun symptôme particulier n’apparait
En cas de coup porté à l’oeil, même sans symptômes, il est nécessaire de consulter pour rechercher l’absence de lésion asymptomatique notamment rétinienne.

3/ Prévention : protégez vos yeux !
La prévention reste le meilleur des remèdes. Protégez vos yeux et ceux de vos enfants. En cas de bricolage, portez vos lunettes de protection. Surveillez les plus jeunes et les objets avec lesquels ils jouent pour éviter les accidents.

Si vous présentez ces symptômes, il est possible de consulter en urgence à SOS Oeil où un accueil sans rendez-vous est proposé 7 jours sur 7 de 8h à 21h.
La prise de rendez-vous rapide avec un ophtalmologue au Centre ophtalmologique Paris 17 est également possible.

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