Les uvéites

Les uvéites sont un groupe de pathologies inflammatoires affectant l’uvée. Le plus souvent, l’oeil sera rouge, douloureux, accompagné d’une baisse d’acuité visuelle plus ou moins marquée et souvent de photophobie (gêne à la lumière). Il s’agit d’une maladie le plus fréquemment unilaterale, même si les deux yeux sont parfois touchés (de façon synchrone ou décalée dans le temps). D’autres symptômes tels que les myodesopsies (impression de percevoir des mouches volantes dans le champ de vision) peut également révéler des uvéites. Les uvéites sont des pathologies assez fréquentes, qui constituent d’authentiques urgences ophtalmologiques. En effet un traitement précoce et bien conduit permettra le soulagement rapide des douleurs et de limiter la survenue des principales complications (synéchies irido-cristalliniennes, cataracte, hypertonie…).

Les symptômes

Les symptômes sont très variables d’une uvéite à une autre, et d’une personne à l’autre. Ils sont en général assez soudains. Quelques uvéites peuvent rarement être symptomatiques. Le plus souvent, elles se manifestent par un œil rouge, une douleur, une vision troublée associé à une sensibilité à la lumière nommée photophobie, pouvant atteindre l’un ou les deux yeux et susceptible de récidiver.

  • Uvéite antérieure : Il s’agit de la forme la plus courante, dite « uvéite antérieure aigüe ». Elle s’accompagne souvent de douleurs, de rougeur, de troubles visuels et photophobie. Il s’agit de loin de la forme la plus fréquente.
  • L’uvéite intermédiaire : Il s’agit de la moins fréquente et son évolution est progressive. Elle est caractérisée par une absence de douleurs, l’apparition de corps flottants (myodesopsies) et une baisse de la vision.
  • L’uvéite postérieure peut provoquer une baisse de l’acuité visuelle et l’apparition de corps flottants.
  • La panuvéite regroupe les trois atteintes.

Les causes

Il s’agit d’un volet important de cette maladie. En effet, si 80% des uvéites sont « idiopathiques » (sans causes retrouvées), l’ophtalmologiste vous prescrira le plus souvent un bilan « étiologique » (à la recherche d’une cause) assez large. Il inclura une prise de sang, une radiographie pulmonaire et une recherche de la tuberculose. Dans les cas d’uvéites secondaires les pathologies les plus fréquemment associées sont :

  • Les causes auto immunes : spondylarthrite ankylosante (HLAB27+), la maladie de Crohn ou encore le psoriasis.
  • Les maladies infectieuses comme la toxoplasmose, la syphilis et la tuberculose (ces deux dernières étant fort heureusement très rares).

Physiopathologie et anatomie

L’uvée correspond aux tissus composés de l’iris, des corps ciliaires et de la choroïde. L’iris est la partie colorée de l’œil permettant de réguler la quantité de lumière arrivant jusqu’à la rétine, les corps ciliaires un ensemble de muscles reliés au cristallin permettant à l’œil de mettre en jeux le processus d’accommodation et la choroïde une couche entre la sclère et la rétine permettant la vascularisation de la rétine.

Selon la zone de l’uvée inflammée on distinguera différents types d’uvéite : antérieure (la plus fréquente), intermédiaire, postérieure et la panuvéite qui regroupe les trois précédentes. En cas d’uvéite antérieur, c’est le segment antérieur (en particulier la chambre antérieure) qui sont atteinte. Une iridite correspond à l’atteinte de l’iris, l’iridocyclite qui concerne l’iris et les corps ciliaires. L’uvéite intermédiaire concerne l’humeur aqueuse et le corps vitré qui constituent la majorité du volume oculaire. L’uvéite postérieur ou choroïdite est une atteinte de la choroïde. Le jour de la consultation, un fond d’oeil sera systématiquement réalisé à la recherche d’une uvéite « postérieure ». On parlera de panuveïte lorsque la totalité de l’uvée est atteinte.

Conduite à tenir et traitement

Il est indispensable de consulter en urgence en cas d’uvéite et sans délai, pour éviter la survenue de complications. La recherche d’une forme postérieure par réalisation d’un fond d’oeil, d’hypertonie oculaire et de synéchies sera systématique en consultation. En cas d’uvéite postérieure, une angiographie sera réalisée. Le traitement repose sur des anti-inflammatoires sous forme de collyres, administrés à très haute fréquence, pour réduire l’inflammation.

1/ Les collyres corticoides
Administrés de façon horaire au début de la maladie, puis de façon décroissante, ce sont eux qui assureront la guérison.
Quelques fois, une première dose peut être administrées par injection (voie sous conjonctivale notamment).

2/ Les collyres mydriatiques
Systématiquement associés aux corticoides, ils dilatent la pupille, ce qui soulage les douleurs et prévient la survenue de synéchies iridocristaliennes. Ce collyre est responsable d’une vision floue temporaire qui se prolongera durant toute la durée de leur utilisation.

3/ Traitement de la cause si besoin
En fonction de l’éventuelle cause retrouvée, un traitement de celle-ci sera proposé.

Si vous présentez ces symptômes, il est possible de vous rendre en urgence au SOS Oeil où des consultations sans rendez-vous sont proposées 7 jours sur 7 de 8h à 22h.
La prise de rendez-vous au Centre ophtalmologique Paris 17 est également possible

CENTRE OPHTALMOLOGIQUE PARIS 17