Larmoiement de l’enfant – Epiphora

Le larmoiement de l’enfant est un motif fréquent de consultation pour les enfants en bas âge, il est souvent associé à un épiphora (augmentation du lac lacrymal). Source d’inquiétude pour les parents, le larmoiement et l’épiphora sont rarement graves. Cependant, ce larmoiement est fréquemment associé à des conjonctivites à répétition fatiguant l’enfant et les parents obligés de pratiquer des lavages et des traitements récurrents. Le larmoiement de l’enfant guérit le plus souvent spontanément avant l’âge de 1 an. En cas de persistance, des traitements plus invasifs peuvent être entrepris.

Épiphora et larmoiement

Qu’est-ce que le larmoiement et l’épiphora ?

  • L’épiphora et le larmoiement sont deux maladies étroitement liées. Ils sont la résultante d’une hypersécrétion lacrymale ou d’un défaut d’écoulement.
  • Dans l’épiphora, l’œil baigne dans les larmes, cela signifie que la hauteur du film lacrymal est trop importante sur le bord de la paupière.
  • Quand l’épiphora dépasse une certaine hauteur, ou lors du clignement, l’excès de larme coule sur la joue, c’est le larmoiement.

Le larmoiement est-il fréquent chez les enfants ?

  • Les problèmes de larmoiement sont courants chez les nouveau-nés et les nourrissons.
  • Environ un tiers des bébés naissent avec un larmoiement chronique et présentent des sécrétions mucineuses ou sales en quantité pendant leur première année de vie.

Causes

Obstruction congénitale du canal lacrymo-nasal

  • La plupart des problèmes de larmoiement excessif chez les nourrissons et les très jeunes enfants sont dus à une obstruction congénitale de la voie d’écoulement lacrymo-nasal.
  • Le canal (système de drainage des larmes) transporte les larmes de l’angle interne de la paupière vers les fosses nasales (dans le nez).
  • Chez de nombreux nourrissons, une membrane persistante bloque l’extrémité inférieure du canal lacrymal, juste à son abouchement dans le nez. Elle empêche le drainage correct des larmes.
  • Chez 95 % des enfants, cette obstruction congénitale se débouche spontanément dans la première année de vie. Si l’obstruction ne se résout pas avant le premier anniversaire de l’enfant, une intervention doit être envisagée.

Complications du larmoiement

Lorsque le passage des larmes reste obstrué, il se produit une stagnation du film lacrymal et les larmes peuvent couler sur la joue. L’obstruction et l’écoulement entraînent 3 problèmes : 

  • L’irritation de la paupière inférieure.
  • Les conjonctivites à répétition par stagnation et infection des larmes a la surface de l’œil.
  • La dacryocystite – Infection du canal lacrymal du fait de la stagnation des larmes dans le conduit.

Autres causes de larmoiement chez l’enfant

  • Le larmoiement est parfois dû à des cils mal orientés qui frottent la cornée (trichiasis). Ce phénomène est plus fréquent chez les nourrissons orientaux. Il est dû à un pli de la peau qui enroule les cils vers la cornée.
  • Il peut également être causé par des agents extérieurs irritatifs : vent, pollen, fumée ou exposition chimique.

Le larmoiement grave – Le glaucome congénital

Très rarement, le larmoiement chez l’enfant peut être causé par un glaucome congénital. D’autres symptômes sont associés dans cette maladie :

  • Des yeux globuleux
  • Une cornée trouble
  • Une pression intraoculaire élevée
  • Une sensibilité à la lumière anormale.

Comment traite-t-on le larmoiement chez les nourrissons ?

  • Le larmoiement de l’enfant ne nécessite pas de traitement curatif la première année de vie, sauf dacryocystites à répétition.
  • Les conjonctivites sont traitées de manières itératives et les sécrétions retirées par lavages oculaires.
  • Afin de drainer les larmes, des massages peuvent être réalisés.
  • Après 1 an, si le larmoiement persiste (5% des enfants), un traitement chirurgical mini-invasif peut-être entrepris.

Les massages

  • Placez un doigt sous le coin interne de l’œil de votre enfant, près du nez, et faites glisser le doigt vers le bas, le long de la crête osseuse, en exerçant une pression douce.
  • Cela augmente la pression à l’intérieur du sac lacrymal et peut aider la valve à se perméabiliser. 
  • Le geste aide également à faire sortir le mucus et les larmes du sac.
  • Après avoir exercé une pression sur la zone du sac, un rinçage des sécrétions au sérum physiologique est recommandé.

Sondage du canal lacrymal

  • Une sonde rigide fine et à bords doux est délicatement passée à travers le point lacrymal (entrée du canal lacrymal), puis descendue au travers du sac lacrymal, et dans le canal lacrymo-nasal jusqu’au nez.
  • Un petit ressaut peut être ressenti lorsque la valvule de Hassner (membrane obstruante) est traversée. Du sérum physiologique (eau stérile) est ensuite irrigué dans le système du canal lacrymal pour le désengorger et s’assurer que le passage reste ouvert.
  • Le sondage est une procédure peu invasive et peu risquée. Cependant, il se déroule le plus souvent au bloc opératoire, sous anesthésie générale.
  • Après l’intervention, l’enfant ne ressent pas de douleur, mais il est fréquent qu’il ait les larmes tachées de sang ou qu’il saigne du nez. Le larmoiement peut également persister quelques semaines.
  • Les complications d’un simple sondage sont très rares – La fausse route, le saignement et l’infection.
  • Le taux de réussite du sondage est de 90 à 95% quand réalisé entre la 1ère et la 2ème année de vie. Cependant, l’obstruction du canal lacrymal par sondage se traite correctement jusqu’à l’âge de 5-6 ans.

Tubes en silicone

  • Si le larmoiement n’est pas soulagé après un premier sondage car la valve s’est rebouchée, un second peut être réalisé. Un tube en silicone souple est alors laissés afin de garder la valve ouverte plusieurs semaines et l’empêcher de se collaber à nouveau.
  • Une anesthésie générale est dans ce cas nécessaire. Une boucle de la tubulure est visible dans le coin interne de l’œil mais ne gêne pas.
  • Le tube en silicone est fixé dans le nez et permet aux larmes de s’écouler en contournant le tube.
  • Le tube est laissé en place et retiré au cabinet ou au bloc avec une brève anesthésie 6 à 12 mois après sa pose.
  • La complication la plus courante des tubes en silicone est son extrusion, spontanée, ou car l’enfant a tiré dessus.
  • Si cela se produit, collez le tube qui s’est déplacé sur la joue ou le nez avec un sparadrap et contactez le chirurgien.

Auteur

Dr Ludovic N'KOSI

Ophtalmologue parisien, le Dr N’Kosi est spécialiste des pathologies de la vision, des paupières et des voies lacrymales. Il pratique également la chirurgie de la cataracte.

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