Dacryocystite – Infection des voies lacrymales

La dacryocystite est une infection de la voie lacrymale, et notamment du sac lacrymal présent au début des canaux lacrymaux. Le sac est situé à l’angle interne de l’œil. Cette infection est causée par une obstruction du canal lacrymal, une stase et une macération des larmes dans le sac. Quand le sac lacrymal s’infecte, il s’enflamme et gonfle. La maladie se caractérise donc par un œdème de l’angle interne de l’œil, douloureux, avec reflux de pus quand le presse. Elle touche principalement les nouveau-nés et les personnes âgées. Son traitement repose sur les antibiotiques en urgence afin de traiter l’infection, puis la désobstruction des voies lacrymales une fois l’infection contrôlée.

Dacryocystite

Définition

  • La dacryocystite est une infection du sac lacrymal, une portion du canal lacrymal. 
  • Il s’agit d’un ronflement destiné à stocker les larmes à l’angle interne du nez, avant de s’écouler dans les fosses nasales.
  • Elle se développe sous forme aiguë (1 crise brutale) ou chronique (poussées inflammatoires).

Comprendre l’anatomie et le circuit des larmes

  • Les larmes sont produites par les glandes lacrymales. Elles sont situées à l’angle supérieur et externe de l’œil, sous l’os frontal.
  • Une fois sécrétées, les larmes vont s’écouler sur la surface de l’œil, permettant sa lubrification.
  • À chaque clignement, les larmes sont progressivement chassées par les paupières vers l’angle interne de l’œil, où se situe le méat lacrymal.
  • Ce circuit permet le drainage et le renouvellement. Le méat lacrymal est un petit trou d’entrée vers les voies lacrymales, le canal de drainage qui se jette dans les fosses nasales.

Qui est concerné ?

La dacryocystite surviennent principalement :

  • Après la naissance (dacryocystite congénitale) en cas d’immaturité les voies lacrymales.
  • Chez les adultes de plus de 40 ans (dacryocystite aiguë) en cas d’obstruction acquise des voies lacrymales.

Causes

  • La dacryocystite  est la combinaison de deux facteurs :  une obstruction des voies lacrymales, et une infection bactérienne qui peut se développer.
  • Chez l’enfant, l’obstruction des voies lacrymales est généralement due à une immaturité de la valve de Hasner, le petit clapet permettant aux sécrétions nasales de ne pas remonter dans les voies lacrymales.
  • Chez l’adulte, l’obstruction est généralement acquise. Cela est généralement dû à un caillot calcaire formé par les larmes ou  à un traumatisme de la voie lacrymale.
  • Les bactéries responsables des dacryocystites aiguës sont généralement : le streptocoque, le staphylocoque, et l’haemophilus. ll s’agit des mêmes bactéries responsables des otites et des sinusites.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque de la dacryocystite sont variés mais sont presque toujours liés à l’obstruction du canal lacrymonasal.

  • Le sexe – Les femmes sont plus à risque en raison du diamètre plus étroit de leur canal.
  • L’âge – Le vieillissement entraîne un rétrécissement des orifices, ce qui ralentit l’évacuation des larmes.
  • Les caillots – Aussi appelés dacryolithes. Souvent sans causes, il s’agit de caillots calcaires créés par les larmes et la muqueuse nasale. 
  • L’obstruction nasale – En cas de déviation de la cloison nasale, rhinite et hypertrophie des cornets, obturant le bas des voies lacrymales.
  • Traumatismes – Par section d’une voie lacrymale.
  • Tumeur – Par compression dans le système lacrymonasal.

Symptômes et signes

La dacryocystite peut se présenter sous une forme aiguë ou chronique. Les deux formes se différencient par la sévérité des symptômes. Voici les principaux :

  • Œdème et rougeur (érythème) à l’angle interne de l’œil (canthus), pouvant diffuser à la paupière.
  • Écoulement purulent.
  • Gonflement du sac lacrymal.
  • Douleur à la palpation.
  • Larmoiement.

Signes de complication

  • L’infection peut malheureusement diffuser au reste des structures oculaires, et notamment à l’orbite.
  • En cas de douleur importante à la mobilisation oculaire, de fièvre intense, ou de troubles de la conscience, la présence d’une cellulite orbitaire doit être suspectée.

Diagnostic

Le diagnostic de dacryocystite est clinique. L’ophtalmologue note un gonflement à l’angle interne de l’ œil, associée ou non à un reflux de pus à la palpation.  Le reste du bilan est destiné à rechercher un retentissement de cette infection. Ainsi le médecin recherche :

  • Une extension de l’infection aux paupières et au visage.
  • Un trouble de la motilité oculaire.
  • Un retentissement de l’infection sur la cornée.
  • Des signes de compression de l’orbite : pupilles de taille différente (anisocorie) ou œil qui sort (exophtalmie).

Le bilan peut-être complété en cas de forme grave, par : 

  • Une imagerie de la face (scanner).
  • Une prise de sang à la recherche d’une inflammation importante.
  • Un prélèvement du pus.

Traitement

Il faut distinguer le traitement d’urgence, c’est-à-dire contrôler l’infection, et la prévention de la récidive, c’est-à-dire lever l’obstruction des voies lacrymales.

Traitement de l’infection

Il faut donc d’abord traiter l’infection. Le traitement repose sur : 

  • Les antibiotiques par voie orale, associée ou non à des antibiotiques en collyre. L’association la plus fréquemment utilisée est de l’amoxicilline + clavulanate (Augmentin®) associé à des gouttes de Rifamycine collyre.
  • Les massages et les lavages au sérum physiologique afin de chasser le pus.
  • Les antalgiques pour traiter la douleur : le paracétamol (Doliprane). Les anti-inflammatoires type ibuprofène et les corticoïdes sont formellement contre-indiqués car ils font flamber l’infection.

Traitement de l’obstruction

Le traitement définitif consiste à traiter la cause sous-jacente de la dacryocystite. Il ne doit être réalisé qu’une fois l’infection contrôlée.

  • Chez l’adulte le traitement est chirurgical repose sur la dacryocystorhinostomie (DCR) : le sac lacrymal est abouché à la fosse lacrymale. Plus rarement, une simple désobstruction des voies lacrymales est réalisée.
  • Chez les enfants, l’obstruction congénitale du canal lacrymal ayant 90 % de chances de se résorber d’elle-même avant l’âge d’un an, aucun traitement n’est entrepris au début. En cas de persistance du larmoiement, une sonde est placée dans les voies lacrymales afin de dilater la valve de Hasner.

Pronostic et complications

Pris en charge précocement, la dacryocystite est d’excellent pronostic, sans aucune séquelle.
Les complications possibles sont :

  • L’abcès du sac lacrymal
  • La méningite
  • La thrombose du sinus caverneux
  • Et de manière exceptionnelle la perte de vision ou le décès.

Auteur

Dr Ludovic N'KOSI

Ophtalmologue parisien, le Dr N’Kosi est spécialiste des pathologies de la vision, des paupières et des voies lacrymales. Il pratique également la chirurgie de la cataracte.

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