La Conjonctivite Infectieuse

La conjonctivite infectieuse - SOS Oeil


Soudain votre oeil devient rouge. Il coule et gratte comme si un grain de sable s’y était logé… Vous avez la paupière gonflée et en plus de cela vous êtes enrhumé. Peut-être que quelqu’un de votre famille ou de votre entourage a même présenté récemment des symptôme identiques ? Pas de panique ! aussi désagréable soit-il, cet inconfort est généralement le signe d’une maladie parfaitement bénigne : une simple conjonctivite. Voici quelques informations concernant cette pathologie.

Les symptômes

L’oeil est rouge, voire très rouge. Il démange beaucoup, larmoie et se trouve collé le matin, associé à des sécrétions souvent qualifiées de purulentes. Une sensation de grain de sable est présente, un inconfort très important, mais jamais de douleur franche. Le plus souvent la vision n’est pas altérée. Parfois cependant, un léger flou visuel peut-être associé. En principe, il n’existe pas d’éblouissement. Quelques fois, un ganglion douloureux peut apparaitre en avant de l’oreille et signe le diagnostic. On parle alors d’adénopathie prétragienne, à laquelle s’associent souvent des symptômes grippaux (fièvre, toux, iritation des voies aériennes).

Pourquoi consulter ?

La conjonctivite est une maladie bénigne, qui comme son nom l’indique, touche la conjonctive. Cependant, il n’est pas rare que la maladie contamine également la cornée. On parle alors de « keratoconjonctivite », que l’ophtalmologiste pourra objectiver au cours de son examen en consultation, à l’instillation d’une goutte de fluorescéine. Il s’agit d’une forme particulièrement agressive, généralement causée par un adénovirus (ADV) parfois traitée par de fortes doses d’anti inflammatoires pour faire régresser les lésions cornéennes.
Lors de son examen, à l’administration de la fluorescéine, l’ophtalmologiste veillera également à éliminer un abcès tout particulièrement chez les porteurs de lentilles de contact. Il lui faudra également veiller à éliminer d’autres diagnostics différentiels tels que l’herpes (qui peut parfois simuler une conjonctivite), les uvéites, les sclérites, les kératites et toutes les causes d’oeil rouge.

Attention aux enfants et aux bébés :
Le jeune âge est une période de vulnérabilité à laquel il faut être attentif. Si l’examen du nouveau né et des enfants est malaisé, un bref coup d’oeil à la cornée à l’aide de fluorescéine est indispensable pour préciser le diagnostic. En cas de conjonctivite avérée, une éviction scolaire pourra être recommandée.

Les causes

1/ La conjonctivite virale

Il s’agit de la conjonctivite infectieuse la plus fréquente, et de très loin ! Le tableau est généralement bilatéral, et survient volontiers dans un contexte épidémique : un enfant, un conjoint, un collègue peut avoir présenté les mêmes symptômes dans les jours précédant l’apparition de la maladie. La sphère oropharyngée et les poumons du malade peuvent être touchés par cette virose qui pourra alors être à l’origine d’un rhume, d’une laryngite, d’une angine, d’une bronchite, d’un état grippal et de fièvre. La liste des virus qui peuvent causer cette affection est longue (Virus respiratoire syncytial, l’adénovirus… et même celui de la varicelle !).

2/ Les conjonctivites bactériennes

D’autres microorganismes peuvent également être à l’origine de cette infection, en particulier les bactéries, bien que ce soit beaucoup plus rare. Et là, gare aux idées reçues ! le caractère purulent des sécrétions n’est pas necessairement en faveur de cette origine et peut tout aussi bien s’observer dans les conjonctivites virales – la sévérité de l’infection n’étant que très relativement corrélée au type de germe auquel on a à faire . De nombreux types de bactéries peuvent être impliquées dans les conjonctivites bactériennes. On observe même dans certains cas d’authentiques contaminations par des germes sexuellement transmissibles (Chlamydiae trachomatis, Neisseria gonorrhoeae en particulier)

Conduite à tenir

Suite à la consultation ayant permis à l’ophtalmologiste de préciser le diagnostic, un lavage oculaire abondant sera toujours prescrit. A ceci s’ajoute la précaution suivante :

1/ Eviter la propagation

La conjonctivite est une maladie extrêmement contagieuse. Avant même de consulter, en cas de symptômes évocateurs, il faut veiller à l’hygiène pour éviter que la maladie ne se propage à votre entourage. Il s’agit d’une diffusion par le contact de sécrétions chargées de virus avec les muqueuses humaines. Une transmission manuportée est tout à fait possible. Il convient donc de se laver régulièrement les mains, en particulier après un contact avec ses yeux. Il faudra éviter un maximum le contact avec les jeunes enfants et plus particulièrement les nouveaux nés. En collectivité, une éviction pourra être prescrite.

2/ Les antibiotiques, c’est pas automatique

Votre ophtalmologiste ne vous a pas prescrit d’antibiotique ? C’est tout à fait normal ! Comme nous l’avons vu, la conjonctivite est le plus souvent une maladie virale, or les antibiotiques sont parfaitement inefficaces sur les virus. La prescription des médicaments se fera à l’appréciation du médecin, qui quelque fois pourra envisager la prescription d’anti inflammatoires pour atténuer les symptômes.

3/ Patience et lavages font plus que force ni que rage

Dans tous les cas, la patience sera votre meilleur alliée, ainsi que les lavages et rinçages abondants de l’oeil tels qu’ils vous auront été recommandés et prescrits. En effet, ainsi que pour la grippe, les infections virales sont malheureusement peu accessibles aux traitements modernes.

4/ La place des corticoides

Si une conjonctivite se chronicise, les manifestations peuvent durer plusieurs semaines voir plusieurs mois. Elle sont liées à un désordre auto-immun plutôt qu’à l’agent pathogène responsable de l’infection initiale. Dans ce cas, un traitement corticoïdes par collyres pourra vous être prescrit (jamais en première intention). Ce traitement réduira les symptômes très rapidement et efficacement, mais son utilisation est limitée au maximum car une accoutumance peut s’observer, les symptômes de la conjonctivite reprenant à l’arrêt de ce traitement en rendant le sevrage difficile. Vous pourrez discuter avec le médecin de la balance bénéfice / risque de ce traitement en ayant à l’esprit que la plus courte durée d’utilisation sera le meilleur compromis.

Si vous présentez ces symptômes, il est possible de vous rendre en urgence au SOS Oeil où des consultations sans rendez-vous sont proposées 7 jours sur 7 de 8h à 22h.
La prise de rendez-vous au Centre ophtalmologique Paris 17 est également possible

CENTRE OPHTALMOLOGIQUE PARIS 17