La Conjonctivite infectieuse bactérienne virale

Votre œil devient rouge, collé. Il coule et gratte comme si un grain de sable s’y était logé… Vous avez la paupière gonflée et en plus de cela vous êtes enrhumé. Peut-être que quelqu’un de votre famille ou de votre entourage a même présenté récemment des symptômes identiques ? Pas de panique ! Aussi désagréable soit-il, cet inconfort est généralement le signe d’une maladie parfaitement bénigne : une simple conjonctivite infectieuse. Il s’agit d’une infection bactérienne ou virale de la surface de l’œil. Voici quelques informations concernant cette pathologie.

Conjonctivite infectieuse bactérienne & virale
Conjonctivite infectieuse

Les symptômes

  • L’œil est rouge, voire très rouge. Il démange beaucoup, larmoie et se trouve collé le matin, associé à des sécrétions souvent qualifiées de purulentes.
  • Une sensation de grain de sable est présente, un inconfort très important, mais jamais de douleur franche.
  • Le plus souvent la vision n’est pas altérée. Parfois cependant, un léger flou visuel peut-être associé. En principe, il n’existe pas d’éblouissement.
  • Quelques fois, un ganglion douloureux peut apparaître en avant de l’oreille et signe le diagnostic. On parle alors d’adénopathie prétragienne, à laquelle s’associent souvent des symptômes grippaux (fièvre, toux, irritation des voies aériennes).

Pourquoi consulter ?

  • La conjonctivite est une maladie bénigne, qui comme son nom l’indique, touche la conjonctive.
  • Cependant, il n’est pas rare que la maladie contamine également la cornée. On parle alors de « kératoconjonctivite », que l’ophtalmologiste pourra objectiver au cours de son examen en consultation, à l’instillation d’une goutte de fluorescéine.
  • Il s’agit d’une forme particulièrement agressive, généralement causée par un adénovirus (ADV) parfois traitée par de fortes doses d’anti inflammatoires pour faire régresser les lésions cornéennes.
  • Lors de son examen, à l’administration de la fluorescéine, l’ophtalmologiste veillera également à éliminer un abcès tout particulièrement chez les porteurs de lentilles de contact.
  • Il lui faudra également veiller à éliminer d’autres diagnostics différentiels tels que les herpes (qui peuvent parfois simuler une conjonctivite), les uvéites, les sclérites, les kératites et toutes les causes d’œil rouge.

Attention aux enfants et aux bébés :

  • Le jeune âge est une période de vulnérabilité à laquelle il faut être attentif. Si l’examen du nouveau né et des enfants est malaisé, un bref coup d’œil à la cornée à l’aide de fluorescéine est indispensable pour préciser le diagnostic.
  • En cas de conjonctivite avérée, une éviction scolaire pourra être recommandée.

Les causes

La conjonctivite virale

  • Il s’agit de la conjonctivite infectieuse la plus fréquente, et de très loin !
  • Le tableau est généralement bilatéral, et survient volontiers dans un contexte épidémique : un enfant, un conjoint, un collègue peut avoir présenté les mêmes symptômes dans les jours précédant l’apparition de la maladie.
  • La sphère oropharyngée et les poumons du malade peuvent être touchés par cette virose qui pourra alors être à l’origine d’un rhume, d’une laryngite, d’une angine, d’une bronchite, d’un état grippal et de fièvre.
  • La liste des virus qui peuvent causer cette affection est longue (Virus respiratoire syncytial, l’adénovirus… et même celui de la varicelle !)

La conjonctivite bactérienne

  • D’autres micro-organismes peuvent également être à l’origine de cette infection, en particulier les bactéries, bien que ce soit beaucoup plus rare.
  • Et là, gare aux idées reçues ! Le caractère purulent des sécrétions n’est pas nécessairement en faveur de cette origine et peut tout aussi bien s’observer dans les conjonctivites virales – la sévérité de l’infection n’étant que très relativement corrélée au type de germe auquel on a à faire.
  • De nombreux types de bactéries peuvent être impliqués dans les conjonctivites bactériennes. On observe même dans certains cas d’authentiques contaminations par des germes sexuellement transmissibles (Chlamydiae trachomatis, Neisseria gonorrhoeae en particulier).

Conduite à tenir

Suite à la consultation ayant permis à l’ophtalmologiste de préciser le diagnostic, un lavage oculaire abondant sera toujours prescrit. À ceci s’ajoute la précaution suivante :

Éviter la propagation

  • La conjonctivite est une maladie extrêmement contagieuse. Avant même de consulter, en cas de symptômes évocateurs, il faut veiller à l’hygiène pour éviter que la maladie ne se propage à votre entourage.
  • Il s’agit d’une diffusion par le contact de sécrétions chargées de virus avec les muqueuses humaines. Une transmission manuportée est tout à fait possible.
  • Il convient donc de se laver régulièrement les mains, en particulier après un contact avec ses yeux. Il faudra éviter un maximum le contact avec les jeunes enfants et plus particulièrement les nouveau-nés.
  • En collectivité, une éviction pourra être prescrite.

Comment empêcher la conjonctivite de se propager ?

La conjonctivite virale et bactérienne peut se propager d’une personne à l’autre. Suivez ces conseils pour ne pas infecter d’autres personnes ou vous réinfecter.

  • Utilisez une serviette ou un mouchoir propre chaque fois que vous vous essuyez le visage et les yeux.
  • Lavez vos mains très souvent. Lavez-les toujours avant et après avoir mangé, lorsque vous allez aux toilettes, ou après avoir éternué ou toussé.
  • Essayez de ne pas toucher vos yeux. Si vous le faites, lavez-vous les mains immédiatement.
  • Des bactéries peuvent vivre dans le maquillage. Cela peut provoquer une conjonctivite et même une dangereuse infection de la cornée. N’utilisez pas de maquillage pour les yeux tant que vos yeux sont infectés.
  • Remplacez votre maquillage si vous avez une infection oculaire. Et ne partagez jamais le maquillage des yeux avec d’autres personnes.
  • Ne portez pas vos lentilles de contact en cas de conjonctivite. Changez de lentilles, de boitier, et de produit d’entretien lorsque vous les reprenez une fois guérris.

Les antibiotiques, c’est pas automatique

  • Votre ophtalmologiste ne vous a pas prescrit d’antibiotique ? C’est tout à fait normal !
  • Comme nous l’avons vu, la conjonctivite est le plus souvent une maladie virale, or les antibiotiques sont parfaitement inefficaces sur les virus.
  • La prescription des médicaments se fera à l’appréciation du médecin, qui quelques fois pourra envisager la prescription d’anti-inflammatoires pour atténuer les symptômes.

La place des corticoïdes

  • Si une conjonctivite se chronicise, les manifestations peuvent durer plusieurs semaines voir plusieurs mois. Elles sont liées à un désordre auto-immun plutôt qu’à l’agent pathogène responsable de l’infection initiale.
  • Dans ce cas, un traitement corticoïde par collyres pourra vous être prescrit (jamais en première intention).
  • Ce traitement réduira les symptômes très rapidement et efficacement, mais son utilisation est limitée au maximum car une accoutumance peut s’observer. Les symptômes de la conjonctivite reprenant à l’arrêt de ce traitement en rendant le sevrage difficile.
  • Vous pourrez discuter avec le médecin de la balance bénéfice / risque de ce traitement en ayant à l’esprit que la plus courte durée d’utilisation sera le meilleur compromis.

Patience et lavages font plus que force ni que rage

  • Dans tous les cas, la patience sera votre meilleure alliée, ainsi que les lavages et rinçages abondants de l’œil tels qu’ils vous auront été recommandés et prescrits.
  • En effet, ainsi que pour la grippe, les infections virales sont malheureusement peu accessibles aux traitements modernes.

Combien de temps dure une conjonctivite ?

  • Patience ! La conjonctivite disparaît généralement sous traitement ou d’elle-même en une à deux semaines. Si vos symptômes durent plus longtemps, vous devez reconsulter votre ophtalmologiste. Il pourra s’assurer que vous ne souffrez pas d’une forme compliquée.

Complications – La kératoconjonctivite à adénovirus

  • Il existe une sorte de conjonctivite agressive causée par l’adénovirus. Le diagnostic est posé à postériori, devant une conjonctivite évoluant de manière défavorable sous traitement médical classique.
  • Le virus infiltre la cornée (kératite) et crée de fines opacités (infiltrats ou néphélions). Il se protège également des traitements extérieurs en formant des membranes (films blancs recouvrant la conjonctive).
  • Son traitement repose sur le retrait des membranes sous anesthésie locale (collyre), et les anti-inflammatoires en diminution progressive. Une goutte de bétadine est parfois instillée car il s’agit du seul agent virucide connu. Le traitement est long mais permet d’empêcher les baisses de visions profondes liées aux infiltrats sur la cornée.

Questions fréquentes

  • La conjonctivite virale est généralement manu portée. Vous touchez une surface infectée sans el savoir et portez les doigts à vos yeux. Certains virus tiennent 1 semaine sur une surface sèche ! L’origine exacte est donc rarement retrouvée.

  • La conjonctivite virale prend au moins 1 semaine à passer. Aucune amélioration n’est attendue les 3 premiers jours de traitement. Les premières améliorations nettes arrivent généralement au bout de 5 à 7 jours.

  • La conjonctivite bactérienne part plus rapidement que la conjonctivite virale. Elle met en moyenne 3 à 5 jours pour partir contre 7 à 10 pour les virus.

  • Le traitement de la conjonctivite virale repose sur 2 piliers :

    • Les lavages abondants au sérum physiologique – 3 à 5 fois par jours
    • Les antiseptiques (et non les antiobiotiques) – Type Vitabact

    En cas de conjonctivite hyperinflammatoire, avec papilles géantes, infiltrats sur la cornée ou fausses membranes, l’introduction d’un traitement corticoïdes est nécessaire.

  • Le traitement de la conjonctivite bactérienne repose sur 2 piliers :

    • Les rinçages abondants au sérum physiologique – 3 à 5 fois par jours, afin d’évacuer la charge infectieuse.
    • Les antiseptiques ou les antibiotiques afin d’accélérer le contrôle de l’infection.

Auteur

Dr Romain Jaillant

Le Dr Jaillant est chirurgien ophtalmologue spécialiste de la rétine (médicale et chirurgicale), du glaucome et de la chirurgie réfractive (myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie). Il opère également la cataracte.

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