Champ Visuel


Champ visuel de humphrey
Champ Visuel : Scotome arciforme inférieur (glaucome)

Votre ophtalmologiste ou neurologue vous a prescrit un examen du champ visuel ? A quoi sert-il ? Le champ visuel correspond à l’étendue de l’espace que l’œil peut percevoir autour d’un point qu’il fixe. Il s’agit d’une notion différente de celle de l’acuité visuelle, qui elle, correspond à la capacité de distinction des objets, donc le degré de précision de la vision. Le champ visuel peut donc être altéré alors que l’acuité visuelle est normale : dans ce cas le patient ne s’en aperçoit pas toujours !

Les principales causes de dégradation du champ visuel sont : les neuropathies optiques aiguës, neuropathies optiques chroniques dont le glaucome chronique, les rétinopathies, intoxications médicamenteuses, tumeurs cérébrales et accidents vasculaires cérébraux.

L’examen est demandé en urgence pour les affections aiguës qui altèrent le champ visuel : principalement vasculaires ou inflammatoires. Autrement, il est réalisé dans le cadre du dépistage et du suivi de pathologies chroniques, ou de traitement par des médicaments toxiques pour la rétine ou le nerf optique.

Qu’est-ce que le champ visuel ?

Chaque œil a son champ visuel bien limité : c’est le champ visuel monoculaire. Le champ visuel monoculaire de l’œil droit chevauche celui de l’œil gauche sur une large partie. Par conséquent, la perte complète de la fonction d’un œil, entraine une amputation limitée du champ visuel total (binoculaire).



La partie centrale du champ visuel est une zone très réduite qui s’appelle le point de fixation. Lorsque le regard se porte sur un objet, cet objet est centré sur le point de fixation, qui est responsable de l’acuité visuelle, de la reconnaissance des visages, et la vision des couleurs, ce qui permet notamment la lecture. Le champ visuel périphérique perçoit les formes, les mouvements, et la lumière.

Principe et types de champs visuels

Chaque zone de la rétine de chaque œil assimile une aire précise du champ visuel. L’examen consiste à tester la sensibilité de la rétine œil par œil : une baisse de la sensibilité sur une zone de la rétine se traduira par un déficit de l’aire du champ visuel correspondante. L’exploration du champ visuel peut se faire par deux examens selon la pathologie suspectée :

– La périmétrie statique automatisée (champ visuel Humphrey ou Octopus) est indiquée pour les déficits du champ visuel central, ou pour ceux qui sont fins et évoluent lentement. Pour le suivi, la quantification de la perte au fil du temps est plus précise.

– La périmétrie cinétique (champ visuel de Goldmann) est privilégiée pour les déficits très périphériques (au-delà des 30° centraux), ou très marqués.

Modalités de l’examen

Les deux types de champ visuel s’effectuent dans les mêmes conditions. Ces examens sont non invasifs, et il n’y a pas de précautions à prendre au préalable. Cependant, les résultats peuvent être biaisés en cas de difficultés de compréhension ou de troubles de l’attention. Il est donc conseillé de le faire en dehors des situations de fatigue physique, et de prévoir si nécessaire un accompagnant ou interprète pour pallier les difficultés de compréhension. Le patient est installé assis, dans une pièce sombre, et l’examinateur lui présente successivement plusieurs points lumineux pendant 5 à 8 minutes. Il doit signaler à l’examinateur chaque fois qu’il en voit un. A la fin de l’examen on en déduit une cartographie du champ visuel du patient, œil par œil, qui précise les aires normalement perçues et celles qui sont déficitaires.

Dans quelles situations demande-t-on un examen du champ visuel ?

Dans le cadre d’un dépistage, lors des situations à risque de développer une atteinte chronique du champ visuel : suspicion de glaucome chronique en présence de facteurs de risque, traitement par antipaludéens de synthèse ou antituberculeux, suspicion ou facteurs de risque de rétinite pigmentaire.

Dans le cadre du diagnostic en cas de trouble visuel aigu ou chronique : neuropathies vasculaires, inflammatoires, tumeurs du nerf optique ou des voies visuelles, atteintes cérébrales.

Dans le cadre du suivi, pour toutes les anomalies du champ visuel qui peuvent évoluer, soit en s’aggravant, soit en s’améliorant, permettant d’adapter le traitement.

AtteinteDiagnosticÉvolutionSurveillance
Neuropathie optique aigueVasculaire : Névrite Optique Ischémique Aigue Antérieure (NOIAA)StableAnnuelle
Neuropathie optique aigueInflammatoire : Névrite Optique Rétro-bulbaire (NORB)Amélioration spontanéeMensuelle
Neuropathies optiques chroniquesGlaucome chroniqueStabilisation si bien traité ou Dégradation si non traitéSemestrielle ou annuelle
Neuropathies optiques chroniquesTumeurs du nerf optiqueDégradation si non traitéDépend de l’évolution et du traitement de la tumeur
Neuropathies optiques chroniquesAlcoolisme chroniqueDégradationAnnuelle
Neuropathies optiques chroniquesToxicité médicamenteuse (Anti-tuberculeux)Dégradation si poursuite du traitementMensuelle
Atteintes cérébrales aiguësAccident vasculaire cérébralStableAnnuelle
Atteintes cérébrales chroniquesTumeurs cérébrales (Adénome hypophysaire)Dégradation si non traitéDépend de l’évolution et du traitement de la tumeur
Atteintes cérébrales chroniquesHypertension intracrânienneAmélioration si traitement précoce, sinon dégradation irréversibleDépend de l’évolution et du traitement
Atteintes rétiniennesRétinite pigmentaireDégradation progressiveAnnuelle
Atteintes rétiniennesRétinopathie médicamenteuse (Antipaludéens de synthèse)Amélioration si traitement arrêté aux stades précoces, sinon dégradation irréversibleDépend des facteurs de risque de toxicité tous les 24 mois à tous les 6 mois

Résultats des examens

Dans le champ visuel normal, une seule zone est déficitaire : il s’agit de la tache aveugle. Elle correspond à un endroit de la rétine où il n’y a pas de cellules visuelles (la papille optique).

Les champs visuels anormaux comportent une ou des zones déficitaires, appelées scotomes. Les conséquences d’un scotome sont schématiquement de 4 types :

  • Scotomes non perçus par le patient et sans risques :  en général les scotomes peu étendus et périphériques.
  • Scotomes non perçus par le patient mais présentant un risque : en général les scotomes périphériques mais plus étendus. Ils ne sont pas perçus parce qu’ils se sont installés très lentement, et sont dangereux parce qu’ils augmentent le risque d’accidents domestiques ou de personnes, en raison du rétrécissement du champ visuel sur les côtés.
  • Scotomes perçus par le patient, handicapants mais pas invalidants : en général, scotome central, qui épargne le point de fixation. Le patient voit le scotome comme une tache floue ou a l’impression qu’une partie de l’image qu’il voit est « effacée », mais peut toujours lire ou déchiffrer difficilement.
  • Scotomes perçus par le patient et invalidants : en général, scotome qui touche le point de fixation. Le patient ne peut plus lire, ni rien déchiffrer, donc il y a une baisse massive de l’acuité visuelle.



Champ Visuel au Centre Ophtalmologique Paris 17

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CENTRE OPH PARIS 17 - SOS Œil